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Lutter contre le vieillissement cutané a toujours été un souci' important. De nos jours, il semble prioritaire de combattre la perte d'élasticité de la peau, d'éviter son dessèchement, de ralentir la formation des rides précoces, d'essayer d'atténuer les rides établies. Des recherches très actives sont menées pour lutter contre les causes de ces atteintes. On essaye de faire obstacle aux modifications des macromolécules du derme, en particulier la dégradation de l'élastine et la diminution de protéines et du collagène soluble.
Le monde végétal peut-il apporter sa contribution dans la « régénération cellulaire cutanée » ? On connaît l'utilisation traditionnelle de certains corps gras, pour le maintien d'une peau jeune. Le beurre de Karité extrait des graines d'un arbre africain (Butyrospermum parkii) est le cosmétique par excellence du Sénégal au Nil. L'huile de ben obtenue des graines de Moringa sert depuis longtemps pour les soins du visage en Afrique continentale et surtout à Madagascar et en Inde. L'huile d'argan venant des graines d'un arbre épineux (Argania sideroxylon) sert aux femmes du sud marocain. La cire de Jojoba est extraite des graines de Simmondsia cbinensis, arbuste originaire de Californie et du Mexique. C'est une cire liquide, souvent appelée improprement « huile », dont la composition rappelle celle de l'huile de Cétacés. Les Indiens en préparent des baumes cicatrisants et antiseptiques tandis que la Cosmétologie l'exploite pour les peaux sèches et séniles à tendance atrophique . Tous ces corps gras sont assez riches en insaponifiable ce qui peut expliquer leur activité contre les altérations cutanées. Sous le nom d'insaponifiable on entend un ensemble de substances lipophiles : hydrocarbures, caroténoïdes, tocophérols, stérols qui sont tous des constituants mineurs des corps gras (0,3 à 5 %). Due à CHEVREUL, au XIX e siècle, l'expression d'insaponifiable, s'explique par l'insolubilité de ces substances dans l'eau après traitement des corps gras par une lessive alcaline en vue de la préparation des savons. L'activité biologique des insaponifiables de différentes huiles végétales est remarquable à l'égard de la peau ; les insaponifiables d'avocat et de soja en particulier se sont révélés capables d'améliorer certains troubles du tissu conjonctif et du collagène. Administrés par .voie percutanée, ils entraînent une augmentation du taux de protéines et du collagène solubles et une diminution du taux de protéines et du collagène insolubles; en même temps, on constate un accroissement de l'élasticité de la peau.
Bien différents sont les principes actifs d 'huiles riches en acides gras dits essentiels, acides polyinsaturés comme l'acide gamma-linolénique. Présents en grande proportion dans l'huile de graines d'Onagre (Oenothera biennis) et de Bourrache (Barrage officinalis ), ils retardent l'apparition des manifestations du vieillissement de la peau. La fixation localisée de l'acide gamma-linolénique au niveau de l'épiderme, du derme et du tissu conjonctif sous-cutané semble justifier ses applications en Cosmétologie.
Des extraits végétaux à action œstrogénique auraient un effet bienfaisant sur l'épiderme vieillissant. Les racines de Ginseng (Panax ginseng) panacée de la médecine chinoise, et les inflorescences femelles du Houblon appelées cones, jouissent de cette réputation; déjà au Moyen Âge les résidus de brasserie servaient de bains de

Ginseng
jouvence. Pour éviter les modifications du collagène, des dérivés flavoniques semblent avoir un grand intérêt; ainsi des interactions ont été constatées entre des anthocyanes et le collagène qui seraient liés par des fixations fortes. Des flavonoïdes extraits d'écorces de Conifères agiraient peut-être
de la même façon. D'autre part la dégradation enzymatique de l'élastine pourrait être ralentie grâce à la colchicine, alcaloïde du Colchique, par inhibition d'une élastase. Contre les vergetures qui peuvent survenir au cours de la grossesse, on a conseillé des extraits de Prêle.
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