Fiche Produit

 

Lin cultivé
Linum usitattssimum

 

Les beaux draps un peu blonds, un peu rudes de nos grands-mères, fleurant la lavande et l'absinthe, où l'on entrait comme en la douceur des prairies de juin sous la lune, les jupons lourds, les grands torchons où l'on ser­rait un pain respecté, béni de la pointe du couteau, tout le linge noble d'autrefois était de lin. Vinrent le coton plus léger, plus blanc, les textiles artificiels aux fibres mortes et froides, et ces champs de nos campagnes qui semblaient refléter le ciel disparurent peu à peu.

Type de la famille des Linacées, représentée chez nous, de la plaine aux rocailles montagnardes, par une quin­zaine d'espèces aux fleurs très diversement colorées, le lin cultivé est une plante annuelle de 0,30-1 m, aux grandes fleurs d'un beau bleu céleste, en bouquet fragile au sommet d'une tige simple garnie de feuilles alternes, sessiles, très étroites, aiguës, entières. 5 sépales séparés, 5 pétales également libres, tombant vite, 5 étamines, 5 styles surmontant un ovaire de 10 loges mûrissant en capsule subsphérique, caractérisent la fleur des lins. Quelques espèces étrangères sont cultivées pour leurs fleurs mais plusieurs lins français mériteraient aussi une place au jardin de plantes vivaces, comme le beau Un campanulé (Linum campanulatum 1.), plante méditerranéenne aux très grandes fleurs jaunes, et même le Un à feuilles étroites (Linum tenuifolium 1.), commun sur la plupart de nos coteaux calcaires, dont la rose floraison est souvent très abondante.

Comme bien des plantes de culture ancienne, le lin est inconnu à l'état sauvage. On a trouvé des restes de toiles tissées avec ses fibres dans les palafittes suisses (néoli­thique). Au lac de Chalain (Jura), un niveau du troisième millénaire avant notre ère a livré ses graines, graines employées comme aliment bien avant de l'être en remède. A la fin du Moyen Age, leur huile fut célébrée par les médecins pour sa douceur et par les peintres pour l'éclat et la solidité qu'elle donnait à leurs œuvres. Jusqu'à nos jours, enfin, la médecine populaire a perpétué l'usage des graines et de la farine de lin, en n'ajoutant rien à des indications millénaires.

PROPRIÉTÉS MÉDICINALES

Le lin est, par excellence, la plante émolliente et laxative. Ses semences, leur farine et leur huile conviennent à peu près à toutes les inflammations internes et externes, à la condition expresse de les utiliser dans un état de parfaite fraîcheur car, vieilles ou rances, leur effet peut se montrer plus néfaste que salutaire.

• Usage interne

Les semences, très mucilagineuses, ont été prescrites en adjuvant dans la plupart des états inflammatoires. et d'abord contre ceux des voies digestives et urinaires: gastrite, dysenterie, entérite, cystite, blennorragie, strangu­rie, coliques néphrétiques, d'autre part contre ceux de l'appareil respiratoire: pneumonie, pleurésie, toux, etc. (20 g de graines pour 1 litre d'eau, infusées 5 mn seulement, pour éviter l'épaississement du liquide; 3 à 4 tasses par jour). Les semences de lin gonflent considérablement au trempage et, par un effet mécanique, ont un pouvoir laxatif que des générations de constipés ont mis à profit (1 cuillerée à café de graines concassées dans un verre d'eau, matin et soir). La seule décoction de ces graines détermine une purgation légère. L'huile de lin, à condi­tion d'être très fraîche et pure (pharmacies, exclusive­ment), est aussi laxative et adoucissante; on l'emploie dans les constipations opiniâtres, soit par voie buccale, soit en lavements ; plusieurs vieux médecins (Gesner, Sennert, Sydenham en particulier) l'ont vantée dans la pleurésie et Cazin en a obtenu un succès marqué dans un cas d'hémoptysie avec vive irritation des bronches.

• Usage externe

La farine de lin sert à préparer des cataplasmes émollients dont l'effet salutaire sur les inflammations, les derma­toses douloureuses et prurigineuses, les contusions, les ulcères, les plaies enflammées, les douleurs intestinales, bronchiques, etc., est bien connu. Il importe absolument, ici, de n'employer qu'une farine garantie fraîche et conservée à l'abri de l'air, pour éviter les accidents cuta­nés fréquemment causés par l'huile rance et les moisis­sures des vieilles farines (rejeter, sans hésitation, le paquet à demi entamé oublié dans un coin de l'armoire). L'usage de la farine déshuilée vendue en pharmacie est souhaitable. Le cataplasme de farine de lin doit être ainsi préparé: délayer la farine à l'eau froide non calcaire jusqu'à consistance semi-pâteuse, chauffer à feu doux en remuant, verser entre deux mousselines propres et appli­queraussi chaud que possible en recouvrant d'un tissu bien isolant. On peut huiler légèrement le cataplasme pour éviter l'adhérence. Dans les affections aiguës de l'appareil respiratoire, on emploie le cataplasme sinapisé, plus supportable que le cataplasme de moutarde pure, en saupoudrant la pâte de lin, dont la température ne doit pas dépasser 45°, de farine de moutarde ou en incorporant cette dernière à la bouillie tiède'dans la pro­portion d'un cinquième".

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