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Hysope
Hyssopus offtcinalis

 

Sous diverses formes qui n'ont un intérêt que pour le botaniste, la belle hysope, herbe sainte et vertueuse que nos ancêtres vénéraient, croît çà et là aux expositions chaudes sur les coteaux arides, rocailleux, du Midi, des Alpes, des Pyrénées et du Sud-Ouest, des rivages à 2 000 m. On la trouve parfois subspontanée ailleurs, ves­tige de vieilles cultures, sur quelques murs bien exposés des régions plus froides de notre pays (voyez, à "Roma­rin", la clef des Labiées du Sud).

L'hysope est une plante vivace, aromatique, de 20­60 cm, aux nombreuses tiges ligneuses à la base, bien feuillées, dressées en petit buisson. Les feuilles, de 1-5 cm, opposées, sessiles, très étroites, entières, sont générale­ment vertes, parfois velues-blanchâtres. Les fleurs à corolle de 7-12 mm, en tube à deux lèvres, d'un beau bleu foncé (rarement roses ou blanches), sont réunies en petits bou­quets compacts tournés d'un même côté des rameaux, bouquets eux-mêmes groupés en épis feuillés.

Récoltez les sommités fleuries de préférence au début de la floraison et séchez-les promptement au grenier. Le parfum de la plante s'atténue au séchage mais ses vertus persistent assez longtemps si on la tient à l'abri de l'air et de l'humidité.

romarin, nous retiendrons surtout des vertus béchiques remarquables. Cette plante donne par distillation jusqu'à 0,3 % d'une huile essentielle dont l'effet sur les centres nerveux, étudié par Cadéac et Meunier en 1891 et par le Pr F. Caujolle en 1945, peut se traduire par de véritables crises d'épilepsie. Les préparations médicinales courantes renferment un taux d'essence trop faible pour déclen­cher des accidents aussi spectaculaires mais les nerveux doivent cependant en user avec modération (et en les accompagnant, par exemple, d'aubépine, de lavande ou d'autres antispasmodiques végétaux). Ces réserves faites, l'hysope est l'un des simples les plus efficaces dans les affections bronchiques, passé le stade d'irritation, quand l'indication majeure est de fluidifier les sécrétions qui encombrent les voies respiratoires (pas d'hysope dans la toux sèche avec sensation de brûlure ; préférer alors le marrube et d'autres béchiques comme le lierre-terrestre, le tussilage, les mauves et guimauve, l'aunée). La plante, par son principe aromatique, agit à la fois sur les muqueuses et sur les centres nerveux de la respiration, qui se trouve sensiblement facilitée.

Le mode d'absorption le plus simple est l'infusion à 5-8 g pour 1 litre d'eau bouillante (laisser en contact 1/4 d'heure ; 2 à 3 tasses par jour, sucrées au miel) -ou le sirop : faire macérer 1 h, à couvert, 100 g d'hysope dans 1 litre d'eau versée bouillante; passer, ajouter 1,600 kg de sucre : prendre 5 cuillerées à soupe par jour.

• Usage externe

L'hysope s'emploie, comme le romarin, en bains toniques. En gargarismes, elle est utile contre les angines, les amyg­dalites. Sa décoction, en compresses, est puissamment anti-ecchymotique : elle a guéri promptement des contu­sions violentes (coup de pied de cheval). Simon Pauli recommandait l'hysope contre l'épanchement sanguin, suite de choc, entre l'iris et la cornée; Chomel et Cazin l'ont vue employée avec succès dans ce dernier cas comme sur les ecchymoses des paupières. On utilise ici un petit sachet de gaze rempli d'hysope pilée et infusée dans l'eau, qu'on applique sur l'œil- c'est un remède ici préfé­rable à l'arnica qui peut irriter gravement les muqueuses. La décoction est, de plus, vulnéraire et cicatrisante.

USAGES DIVERS ET CULTURE

L'hysope, à la senteur un peu brutale chez la race cultivée mais fine et capiteuse chez les formes sauvages d'alti­tude, n'est plus d'usage en cuisine moderne; c'est pour­tant un bon condiment des viandes, des pâtés, des féculents, et aussi des salades (en poudre), quand la modération préside à son emploi (voyez, à propos de la marjolaine, la recette d'épice composée de Lémery). Ses infusions légères sont excellentes et digestives.

Au jardin, sa culture pour l'usage médicinal et condi­mentaire peut aussi se prêter à des effets décoratifs très intéressants : en touffes isolées, en bordures, dans les rocailles, l'hysope réjouira la vue comme l'odorat et, si

.. vous êtes le doux maître de quelques tribus d'abeilles, elles iront puiser en ses fleurs un excellent nectar.

Ecoutons Olivier de Serres: "En lune vieille de mars, sera semée l'hysope, pour estre transplantée au mois sui-

-vant en semblable poinct de Lune. Elle vient très bien en terre légère, mais vigoureuse, pourveu qu'elle soit expo­sée au soleil. Ne veut estre arrousée, qu'en temps sec et aride, en tout autre hayssant l'humidité. Le tondre à la fin de l'Esté, la fait rejetter copieusement, la bonasse de l'Automne luy en donnant le loisir : ce que plus tard ne

- feroit-elle, pour le destourbier des froidures. Encores en mesnage-on les retailleures, car les brins des sommitez couppez et sechez, servent à faire pourdre pour la pota­gerie de l'Hyver."

Il est souvent plus facile de procéder par boutures ou éclats de pieds qui, mis en terre au printemps ou à l'automne, s'enracinent vivement. Pour avoir de belles touffes ou de belles bordures, il convient de rajeunir la plantation tous les trois ou quatre ans, en éclatant les pieds et en les plaçant dans une terre neuve. Un prali­nage des racines est souhaitable en sols secs. L'hysope demande une terre calcaire assez riche en humus et bien drainée. C'est une plante de rocaille idéale. La récolte des sommités, en juin, entraîne une seconde floraison en sep­tembre. Ainsi tondues deux fois l'an, à mi-hauteur envi­ron, les touffes gagneront en vigueur.

Il existe des races d'hysope cultivée, robustes, à fleurs bleues, roses ou blanches, intéressantes pour l'ornement et l'apiculture. Pour l'usage médicinal et condimentaire, les espèces sauvages montagnardes sont à préférer.
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