Fiche Produit

 

Guimauve officinale
Althaea officinalis

 

Plus robuste que ses cousines les mauves, la guimauve est une belle plante vivace, dépassant souvent 1 m, à feuilles très veloutées-blanchâtres, épaisses, qui sem­blent annoncer déjà des vertus adoucissantes (nos deux plantes émollientes par excellence, la guimauve et le bouillon-blanc, sont déjà tout velours sous les doigts avant de l'être en infusions). Ces feuilles, alternes, pétio­lées, sont ovales-triangulaires, à 3-5 lobes peu profonds, crénelés-dentés. Les jolies fleurs rose très pâle, larges de 3-5 cm, sont solitaires ou serrées en petits bouquets à l'ais­selle des feuilles et au sommet des rameaux. Commune dans les lieux humides du littoral (surtout Midi), la gui­mauve croît aussi çà et là, à l'état subspontané, dans l'intérieur (prairies, fossés, rives).

Le caractère majeur qui distingue les mauves des gui­mauves est la forme du calicule, à 3 bractées totalement séparées chez les premières, à 6-9 bractées plus ou moins réunies à la base chez les secondes (7 à 9 bractées étroites dans le cas présent).

La guimauve fleurit tout l'été et l'on récolte alors ses fleurs et ses feuilles, ensemble ou séparément. Leur séchage est assez lent. Les racines, pivotantes, charnues, arrachées à l'automne à la mort des tiges, seront lavées, tronçonnées, débarrassées de leur épiderme par grattage

•  superflclel, enfilées en guirlandes et séchées en un lieu sec, aéré, tiède .

. PROPRIÉTÉS MÉDICINALES

Les mêmes que celles de la mauve, mais plus accentuées. C'est la plante adoucissante par excellence et toutes les irritations, tous les processus inflammatoires sont ses indi­cations. Les fleurs, contrairement à celles de la mauve,

- sont la partie de la plante qui contient la moindre quantité de mucilage ; on les emploie, infusées, dans les bron­chites et la toux, accompagnées des feuilles (5-8 g pour 1 litre d'eau). La macération à la tiédeur (20-30°) de la racine (10-20 g pour 1 litre d'eau) est plus agréable que l'infusion à chaud ou la décoction car le liquide obtenu est moins sirupeux, moins épais (aromatiser au sirop de réglisse ou, à défaut, sucrer au miel). La décoction de racine (30 g pour 1 litre) convient surtout à l'usage externe, en compresses, sur les dermatoses, les furoncles, les plaies enflammées, en gargarismes dans les inflamma­tions bucco-pharyngées. En bain de pieds, elle calme les ampoules les plus cuisantes. Les bains généraux et pro­longés auxquels on mêle une forte décoction de gui­mauve "produisent dans les irritations violentes des effets

merveilleux" (Roques). .

On avait autrefois l'excellente habitude de donner un morceaù de racine de guimauve à mâcher aux enfants au moment de la poussée des dents. Il faut cependant avoir soin de bien gratter Ja racine avant de la leur pré­senter et de la choisir longue afin qu'ils ne puissent l'avaler par inadvertance. Elle calme l'inflammation des gencives; le mucilage ingéré facilite les selles. Cette méthode est donc bien préférable au bouchon de caout­chouc dont on obstrue trop souvent la bouche des mal­heureux marmots.

Voyez à "Mauve" pour les autres emplois.

CULTURE

Pour son beau feuillage gris, pour ses fleurs blanc rosé, et, bien sûr, pour ses vertus, la guimauve mérite une place de choix au jardin médicinal comme au parterre. S'il est possible de récolter ses graines à maturité, sur des pieds sauvages, on la multipliera par semis de printemps en la repiquant à l'automne ou au printemps suivant. Il

est cependant préférable de se procurer, à l'automne, des éclats de souches (jeunes pousses) que l'on prend soin d'enlever avec quelques racines. On peut conserver ces boutures en stratification dans du sable, jusqu'en mars, ou bien, dans les régions à hiver doux, les mettre en place aussitôt, avec toutefois un paillis protecteur. La terre doit être profonde, fraîche, légère, plutôt riche et bien exposée. Tandis que les graines ne donnent qu'une racine, les éclats en développent plusieurs. Les racines vieilles de trois ans sont ligneuses et pauvres en muci­lage ; il faut veiller, au jardin, à prélever des éclats tous les ans ou tous les deux ans afin de disposer en perma­nence d'un produit satisfaisant.

La guimauve faux-cbanvre (Althaea cannabina L.) et la gnimauve de Narbonne (A. narbonensis Pourret) contien­nent des fibres propres au tissage. Dans quelques contrées d'Espagne, autrefois, on les faisait rouir pour en séparer la filasse dont on fabriquait une toile fine et très solide. Ces fibres sont également propres à la fabrication du papier. La guimauve officinale a les mêmes propriétés mais ses fibres sont moins longues.

La rose trémière ou Passe-rose, Alcea rosea L. <Althaea rosea Cav.), est aussi, botaniquement, une guimauve. C'est une plante d'origine hybride dont les parents croissent à l'état sauvage dans le Sud-Est de l'Europe et au Proche­Orient. On peut faire infuser ses fleurs comme celles de la guimauve, pour s'en servir en gargarismes dans les angines.
 
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