Fiche Produit

 
Coquelicot
Papaver rhœas
 

Bien que l'on ait fait du coquelicot, avec la marguerite et le bleuet, une plante à usage patriotique, il se moque des frontières et j'y verrais volontiers un symbole de frater­nité, songeant qu'il y a, de par le vaste monde, beaucoup d'êtres qui, en mai, le découvrent avec bonheur, et qu'il vaut mieux, pour une fleur, symboliser la joie plutôt que le sanglant sacrifice.

Est-il besoin de décrire la plus connue, la plus gaie des fleurs sauvages ? Quatre pétales légers, tachés de noir

la base, d'abord chiffonnés dans le bouton vert que pro­tègent deux sépales velus (ils s'entrouvrent par la base et choient pour les laisser se déployer) ; nombreuses éta­mines à anthères bleuâtres ; gros pistil en forme de vase recouvert d'une sorte de couvercle où rayonnent les stig­mates. A maturité, de petites fenêtres s'ouvrent au sommet de l'ume (on l'appelle "capsule"), sur tout son pourtour, et les innombrables graines s'égaillent par ces trous, quand le vent passe sur les blés.

Le coquelicot est une plante typique des cultures, une "messicole" (de messis: moisson, et cola: j'habite) répan­due dans tous les champs de céréales, parfois même excessivement. Mais les méthodes modernes de culture, le tri soigneux des semences, le font régresser un peu par­tout. On le rencontre aussi sur les décombres et dans les jeunes friches: c'est une herbe annuelle qui ne s'écarte guère des terres mises à nu et qui ne supporte pas la concurrence des plantes vivaces, le milieu "fermé" des pelouses.

On utilise en médecine les pétales et les capsules sèches. Les premiers, récoltés à épanouissement complet, seront étalés sur des feuilles de papier ou des toiles et séchés le plus rapidement possible, plutôt dans un local chaud, sec et aéré, qu'au soleil; on les remue fréquem­ment. Ils ne doivent pas noircir mais ils acquièrent une teinte rouge sombre à la dessiccation. Dès qu'ils sont bien secs, on les met en bocaux ou en boîtes, les pres­sant pour éviter le plus possible le contact de l'air, et l'on ferme hermétiquement.

Les capsules doivent être récoltées à maturité com­piète; elles sont alors à peu près sèches et leur dessicca­tion se poursuit sans peine sur des toiles.

PROPRIÉTÉS MÉDICINALES

Le coquelicot reproduit très faiblement certains effets du pavot. Ses fleurs sont légèrement narcotiques, cal­mantes, adoucissantes et pectorales. Elles procurent le sommeil aux enfants nerveux. On les emploie en infu­sion (1 pincée de pétales secs pour 1 tasse d'eau bouil­lante, au coucher), ou mieux, en sirop: verser 1 litre d'eau bouillante sur 65 g de pétales secs; laisser infuser 6 heures; filtrer et ajouter 180 g de sucre pour 100 g de liquide. Doses quotidiennes (en cuillerées à café) à répartir

dans la journée: enfants de lS mois à 3 ans, 1 ; de 3 à Sans, 2 ; de S à 12 ans, 3 à S ; adultes, S à 10.

Adoucissantes, elles calment les maux de ventre des enfants". On a conseillé le lavement composé d'un mélange à parties égales d'huile d'olive et d'infusion de coquelicot pour apaiser les coliques intestinales.

Pectorales, les fleurs sont aussi d'un usage populaire dans les bronchites, la toux, la coqueluche ; elles calment les spasmes, favorisent l'expectoration. Quelque peu su­dorifiques, elles s'adressent en adjuvant, aux maladies pulmonaires aiguës: les médecins d'autrefois en faisaient un spécifique de la pleurésie (les utiliser aux doses indi­quées plus haut). On peut les associer à d'autres fleurs pectorales (bouillon-blanc, tussilage) et à la racine de réglisse, quand il n'est pas nécessaire d'avoir recours à des simples plus actifs, marrube, au née ou hysope.

Les capsules sèches s'emploient en décoction dans les mêmes affections: 8 à 10 capsules par litre d'eau. Cette décoction, mêlée au lait chaud à la dose de 3 à 4 cuille­rées à soupe, combat l'insomnie des enfants.

N.B. : Le coquelicot a parfois produit chez certaines per­sonnes les mêmes réactions d'intolérance que l'opium. On devra donc, surtout chez les enfants, éprouver la sensi­bilité à la plante en commençant par administrer de faibles doses (1 cuillerée à café de sirop par jour, dans le jeune âge). La nature du principe toxique est toujours obscure; il ne se développe qu'au moment de la floraison.

Avant la montée en tige, la jeune plante est une excel­lente salade sauvage, méconnue à tort (on la mange aussi cuite en potage). Les graines, riches de 39 % d'huile, au goût fin, s'emploient comme celles du pavot, dans le pain, la pâtisserie, etc. On les récolte facilement à la matu­rité des capsules.


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