Fiche Produit

 
Bouillon-blanc
Verbascum thapsus
 

Le bouillon-blanc, appelé aussi molène, bouillonjaune, bonhomme, oreille de loup, herbe de SafntFiacre, etc., croît un peu partout dans les terrains incultes plutôt secs, où il élève très haut (jusqu'à 2 m) son bel épi de fleurs jaunes, assez grandes, à 5 sépales et à 5 pétales un peu réunis à la base, portant 5 étamines dont 3 sont munies, sur leur filet, de poils laineux. Ces fleurs sont serrées sur une tige rigide qu'enveloppent, dans le bas, de grandes feuilles épaisses et très velues-laineuses; les supérieures se prolongent sur la tige en rubans nommés ailes.
Il existe en France quinze espèces de molènes qui ont à peu près les mêmes propriétés. Certaines sont proches du bouillon-blanc et n'en diffèrent que par des détails secondaires, ainsi le beau Verbascum phlomoïdes 1., souvent confondu avec lui, et qui s'en distingue par des fleurs deux fois plus grandes. Toutes les espèces s'hybrident facilement entre elles et font du genre Verbascum un casse-tête pour le botaniste: l'herboriste, heureusement, n'a cure de ces subtilités.
On récolte les corolles qui se détachent fort aisément, en évitant de les froisser, dès l'épanouissement, à partir de juin, et, à mesure qu'elles s'ouvrent, pendant tout l'été. Il faut les sécher très rapidement dans un lieu chaud, sec et bien aéré, après les avoir étendues en couche mince sur une toile. On les garde ensuite à l'abri de l'air et de la lumière, dans des boîtes bien closes ou des sacs hermétiques ; elles doivent conserver leur belle couleur. Les feuilles et la racine s'utilisent plutôt fraîches et il est rare de ne pas en trouver à discrétion. Tout habitant averti de la campagne devrait "repérer" quelques stations de plantes médicinales, afin de pouvoir y courir en cas de besoin. Les plantes ne poussent pas n'importe où et si une espèce est abondante en un lieu un peu sauvage, on peut être à peu près certain de l'y retrouver pendant plusieurs années - même si, de nos jours, la "déprise agricole" et le recul du pâturage extensif entraînent l'embroussaillement rapide de bien des milieux "ouverts", le recul de la flore des jachères et des friches.

PROPRIÉTÉS MÉDICINALES
Le bouillon-blanc est émollient, sédatif, pectoral. On l'emploie avec succès dans les irritations de l'appareil digestif et des voies respiratoires.
• Usage pectoral
L'infusion des fleurs (voir plus bas le N.B.), à la dose de 1 cuillerée à soupe par tasse d'eau bouillante, est utile dans les affections tracbéobroncbiques : toux, catarrhes aigus et chroniques, asthme des vieillards. Le mélange suivant (tisane des quatre fleurs) :
fleurs de bouillon-blanc: 30 g fleurs de coquelicot: 20 g fleurs de mauve: 10 g
fleurs de tussilage : 20 g
sera donné aux enfants dans toutes les affections légères de la poitrine, à la dose d'une cuillerée à soupe pour une tasse, sucré au miel ou au sirop de réglisse. Il calme la toux, facilite l'expectoration et favorise le sommeil.
• Usage émollient
Voies digestives et urinaires : le bouillon-blanc est indiqué dans l'entérite, les diarrhées douloureuses dont il calme l'inflammation et les spasmes. On lui adjoindra des astringents: la salicaire (entérite des nourrissons), le solidage verge d'or (entérite des enfants), la tormentille et la pimprenelle (diarrhées chroniques et dysenterie). Dans la cystite aiguë, sans vraiment agir sur les causes du mal, l'infusion peut apporter un soulagement très net, surtout si on l'associe à celle de stigmates de maïs et de bruyère. N.B. : L'infusion de fleurs de bouillon-blanc doit être soigneusement filtrée (dans un linge fin, par exemple) avant d'être absorbée car les fleurs et les étamines abandonnent dans le liquide une multitude de poils qui peuvent irriter très désagréablement la gorge au passage, effet qui serait bien contraire aux propriétés adoucissantes de la plante !
• Usage externe
La décoction des fleurs s'administre en lavements dans les coliques intestinales. Les feuilles cuites dans du lait et appliquées en cataplasmes calment la douleur des hémorroïdes, des inflammations cutanées. Elles font aussi mûrir les furoncles et les panaris. Le lait où l'on fait bouillir une poignée de feuilles des rosettes hivernales guérit en quelques jours engelures et gerçures des mains : les y tremper un certain temps matin et soir (à employer tiède).

USAGES DIVERS
Le bouillon-blanc, et surtout l'espèce verbascum phlomoïdes, aux grandes fleurs jaune pâle, est une belle plante ornementale qui mérite d'être plantée par petits groupes dans les jardins paysagers; elle peut aussi figurer dans les rocailles, en compagnie des digitales, où ses feuilles de première année feront des rosettes argentées. Il faut semer au printemps les graines récoltées à la fin de l'été dans les fruits (capsules) les plus gros et les plus mûrs, sur un terrain meuble, bien uni, bien damé et ratissé; on sème clair à la volée puis on dame à nouveau et l'on recouvre d'un léger paillis pour éviter le dérangement des graines par la pluie et les arrosages. Jusqu'au moment où les plants ont acquis une certaine robustesse, on arrose régulièrement. La mise en place se fait fin août-début septembre, dans un sol bien drainé, profond, fertile et meuble ; il faut espacer les plants d'au moins 50 cm en tous sens et ils ne demandent plus, jusqu'à la floraison, que les binages indispensables. La rosette persiste tout l'hiver et, l'été suivant, vous voyez jaillir une belle hampe couverte de fleurs dorées.
Bosc dit avec raison que le bouillon-blanc est une plante qui ne devrait pas être négligée des cultivateurs : elle est en effet souvent fort commune dans les friches et pourrait augmenter la masse des composts, récoltée avant la maturité des graines.
Les capsules mûres, broyées avec leurs graines, sont toxiques pour les poissons. Les braconniers s'en servaient (ainsi que du suc de la plante fraîche) pour pêcher en eaudormante.
On a fumé les feuilles sèches des molènes en guise de tabac.

© poivrecayenne, les plantes médicinales2005
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