Fiche Produit

 
Bardane
Arctium lappa
 

La bardane (je devrais dire les bardanes, puisqu'il en existe en France cinq espèces très proches) est une Composée bisannuelle bien connue qui demande peu de description : tout le monde a remarqué ces plantes, hautes parfois comme un homme, ramifiées en pyra­mide, aux feuilles du bas atteignant jusqu'à 50 cm, aux petits capitules globuleux ou ovoïdes hérissés de très nombreuses bractées étroites, crochues, accrochantes (ce sont des projectiles très estimés des enfants: ils s'atta­chent à merveille aux vêtements), à "cœur" de petites fleurs en tube, purpurines, rarement blanches. Les bar­danes croissent communément aux alentours des lieux habités, recherchant comme le marrube et l'ortie, les sols riches en nitrates du pied des murs, des décombres, des terrains vagues, où elles fleurissent de juillet à septembre.

On récolte la racine et les feuilles (saines) soit de la grande bardane (A. lappa), espèce officinale, aux gros capitules (3-4 cm) à long pédoncule, soit de la petite bardane (A. minus), aux capitules de 1,5-2,5 cm à pédon­cule court. L'arrachage de la racine, pour la conservation, doit avoir lieu en principe au printemps de la deuxième année, mais il est bien préférable de l'utiliser toujours fraîche et, pour cela, de réserver à la plante un petit coin au jardin si elle ne croît pas à l'entour de la maison; on peut alors la récolter en toute saison, sauf celle des plantes montées qui est très ligneuse et moins active. Les feuilles aussi s'emploient de préférence à l'état frais.

PROPRIÉTÉS MÉDICINALES
La bardane, le populaire glouteron, est une plante très précieuse que la médecine domestique ne peut ignorer. C'est d'ailleurs l'un des remèdes traditionnels les plus usités, spécialement à l'extérieur sur les dermatoses et les ulcères. Les praticiens contemporains les plus autorisés ont vérifié le bien-fondé de ces emplois séculaires.
• Usage interne
La racine fraîche, prise en décoction de 50 g par litre d'eau (cuire à feu doux jusqu'à réduction aux 2/3 ; goût un peu amer) est diurétique et, d'après les travaux de M. Piotrowski (1935), hypoglycémiante. Si son utilité exacte dans le diabète n'est pas encore bien définie, ses vertus dépuratives, bien connues de la médecine populaire, font de la préparation ci-dessus le complément indispensable des traitements externes. On l'a beaucoup vantée aussi contre la goutte. J. Hill, médecin anglais, écrivait en 1758 : "J'eus une attaque de goutte avec fièvre; je pris de l'infusion de bardane à double dose [. .. l, je rendis une énorme quantité de gravelle ; la douleur et la fièvre cédèrent en vingt-quatre heures et huit jours après je pouvais sortir" (Fournier dit méchamment que cela ne l'empêcha pas de succomber de cette maladie en 1775 O. Les travaux de E. Savini, en 1918, ont vérifié l'efficacité de la plante pour accroître tant la diurèse que la sécrétion biliaire. C'est donc un remède à conseiller aussi bien aux rhumatisants et aux goutteux qu'aux hépatiques (cholécystite, en particulier). Chez les premiers, les feuilles cuites dans un peu d'eau avec du son et appliquées en cataplasmes chauds sur les points douloureux, soulagent le mal et peuvent dissiper les gonflements. Les semences auraient aussi un effet diurétique prononcé.
Les grandes feuilles, légèrement froissées et huilées pour éviter l'adhérence, s'emploient en enveloppements de la poitrine et du dos, dans les maladies des voies respiratoires. • Usage externe - Furoncles
Les feuilles de bardane et la pulpe fraîche de la racine nous donnent sans doute le meilleur de nos topiques indigènes pour le traitement des maladies cutanées. Elles font "mûrir" remarquablement vite les furoncles et l'auteur de ces lignes s'en est servi sur lui-même pour traiter un bouton de cette origine, très douloureux, sis à peu de distance de la commissure des lèvres, avec fièvre et enflure de la moitié de la face qui, après un jour seulement d'application de pulpe de racine cuite et de jeunes feuilles, très chaude, rendit le bourbillon avec disparition de la température et de la douleur. Des recherches récentes ont relié cette action à la présence, dans la plante, de plusieurs substances antibiotiques (arcttopicrine, etc.). Elle se manifeste aussi bien au niveau intestinal, dans la staphylococcie (cure de décoction à 6 %, ou, mieux, de suc frais stabilisé).
- Autres dermatoses
La bardane, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur, convient au traitement de la plupart des affections cutanées. Son nom populaire d'herbe aux teigneux dit assez l'estime dans laquelle elle fut tenue à ce propos. On employait la racine, broyée ou en décoction, sur les "dartres:', c'està-dire sur un bon nombre de dermatoses ; il vaut mieux choisir la décoction concentrée (60-100 g/l) pour éviter les risques d'infection, et ce traitement, s'il est régulier, peut être bénéfique dans l'acné, le sycosis, la gourme (croûte de tau), l'eczéma squammeux et impétigineux.
- Ulcères
"Sa feuille broyée et appliquée sur vieux ulcères, les guérit et aussi oste le venim procédant de morsure de chien enragé, de serpent et d'autres bestes malignes", dit Olivier de Serres. Ces affirmations du vieux maître ne sont pas sans fondement puisque, deux cent cinquante ans plus tard, Percy faisait de la bardane la base d'un onguent contre les ulcères variqueux et les tumeurs scrofuleuses ouvertes. C'est une pommade verte obtenue en triturant 1/2 verre de suc des feuilles avec des balles de plomb dans un vase d'étain. "Il est rare, dit Percy, de voir (les ulcères) résister à ce puissant topique", qu'on applique étendu sur une gaze elle-même recouverte d'une feuille de la plante.
L'infusion des feuilles fraîches à 4 %, en gargarismes et bains de bouche, est efficace (travaux récents) dans les angines, amygdalites, rhinopharyngites, abcès buccaux, gingivite, pyorrhée.
- Morsures de serpents, piqûres d'insectes
La recherche moderne a reconnu au suc de bardane un pouvoir antivenimeux très net qui s'expliquerait par une action oxydante sur le venin. En cas d'urgence, si la plante est le seul recours qu'on ait sous la main, on peut donc en appliquer sur la morsure", Je m'en suis souvent servi sur des piqûres de guêpes au cours de mes pérégrinations: il calme vite la douleur et résorbe l'enflure.

USAGE ALIMENTAIRE ET CULTURE
La bardane est un excellent légume sauvage: ses racines pivotantes peuvent se manger cuites à la façon des salsifis. La jeune tige elle-même, dont le goût rappelle celui du cardon, est très bonne cuite à l'eau salée après avoir été débarrassée de son écorce ; on y joint les côtes des feuilles. On les accommode à la vinaigrette ou à la sauce . blanche.
Tant de vertus conseillent la culture de cette bonne plante. Pour l'usage médicinal, on sème en septembre les graines fraîchement récoltées sur un sol bien fumé, profond, très meuble, de préférence argile-calcaire, en déposant à 2 cm de profondeur 2 ou 3 graines en poquets espacés d'une quarantaine de centimètres; binages et sarclages habituels. L'arrachage est assez difficile et, pour cette raison, le sol doit être bien préparé, un dernier labour précédant de peu le semis. Pour l'usage alimentaire, on repique un mois après la levée, et les jeunes racines seront bonnes à être consommées dès la fin de l'hiver. On peut aussi semer en début de printemps. La bardane est vite envahissante; il est nécessaire de couper le sommet de ses tiges avant la maturité des capitules.

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