Fiche Produit

 
Armoise commune
Artemisia vulgaris
 

Cette armoise est répandue dans les lieux riches en nitrates, au voisinage des lieux habités, sur les terrains vagues et les décombres, au bord des voies ferrées, dans les friches récentes. Elle est en général commune dans toute la France, surtout en plaine. C'est une plante vivace, dépassant souvent 1 m de hauteur, très rameuse, et vite distinguée de l'absinthe par sa couleur vert sombre et ses nombreux petits capitules brun-rouge, dressés sur des rameaux étagés en panicule pyramidale. La tige est droite et cannelée, souvent marquée de stries rougeâtres. Les feuilles sont fortement découpées, glabres et sombres à la face supérieure, velues-blanchâtres en dessous. Le parfum est moins accentué que celui de l'absinthe mais l'amertume est cependant forte. On prendra garde de ne pas la confondre avec l'armoise champêtre (Artemisia campestris L.), espèce trapue, touffue, aux feuilles à découpes linéaires, aux tiges rougeâtres frêles, aux capitules glabres, à la senteur presque nulle, et qui n'est pas médicinale. Cette dernière plante est commune, surtout en sols siliceux, sauf dans le Nord et dans l'Est.
Récoltez l'armoise commune au début de la floraison, en juillet. C'est une plante qui croît souvent en masse et qu'il est aisé de cueillir partout. Celle des terrains secs et bien exposés est la meilleure ; on doit se défier, bien entendu, des influences polluantes de l'homme et des animaux.

PROPRIÉTÉS MÉDICINALES
L'armoise peut remplacer l'absinthe dans ses indications majeures. Parfois moins active, elle est aussi moins toxique. Cette herbe, l'une des nombreuses "fleurs de la Saint-Jean" des anciens, appelée aussi des jolis noms de couronne de Saint-Jean, herbe aux cent goOts, a été longtemps utilisée comme antispasmodique. Elle entrait dans les "potions hystériques". On emploie ici la poudre des racines récoltées en septembre, nettoyées à sec, séchées avec soin et conservées à l'abri de l'air et de l'humidité. Burmann s'en est servi avec succès en Allemagne, au siècle dernier, contre les convulsions des enfantsati moment de la poussée des dents, à la dose de 2,5 cg mêlés à 2S cg de sucre pulvérisé. Ce mélange est donné d'heure en heure en augmentant progressivement jusqu'à 10 cg. On en a aussi obtenu de bons résultats dans les états épileptiformes, à la dose de 4 g chez les adultes. Administrée dans une décoction de la plante, dans de la bière chaude ou du vin chaud, cette poudre aurait entravé des crises d'épilepsie à leur début. La chorée bénéficierait également de son usage. Il va de soi que la pharmacopée moderne a ici des remèdes moins incertains.
Mais c'est surtout comme emménagogue que l'armoise se montre efficace. On utilise l'infusion des sommités (5 à 8 g/litre) ou, mieux, le vin: 20 g pour 1 litre de vin
blanc; macération 10 jours; 2 verres à bordeaux par jour pendant 8 jours avant l'époque normale des règles; convient aussi bien à la dysménorrhée qu'à l'aménorrhée, en l'absence de troubles inflammatoires de l'utérus. Il suffit même parfois- d'appliquer des cataplasmes chauds de sommités fleuries sur le bas-ventre pour rappeler les règles (selon un dicton bas-alpin actuel, "toutes les femmes devraient porter de l'artémise dans leur chemise").
Se reporter à "Absinthe" pour les emplois toniques.
• Contre-indications
Etats inflammatoires digestifs et génito-urinaires. A proscrire pendant la grossesse et chez le jeune enfant. Pas de cures prolongées. Le pollen de l'armoise commune est un important facteur de rhinites allergiques (rhume des foins).
USAGES DIVERS
L'armoise est un bon condiment des viandes rôties, et spécialement de l'oie. Les jeunes feuilles peuvent être utilisées discrètement dans les salades.
Le Petit Albert, vieux recueil de magie blanche et de recettes infaillibles, assure qu'il suffit de se bander les jambes de lanières découpées dans la peau d'un jeune lièvre, dans lesquelles on aura cousu de l'armoise séchée à l'ombre, pour voyager à pied plus vite et plus longtemps qu'à dos de cheval. En Saintonge, un bouquet d'armoise cueilli avant le lever du soleil, le matin de la Saint-Jean, est considéré comme un puissant moyen de protection contre le mauvais œil (M. Leproux, 1954).
L'estragon CArtemtsta dracunculus 1.) est aussi une armoise. Cette plante, aromate délicieux, est cultivée dans tous nos jardins où, si elle fleurit parfois, elle ne donne jamais de graines. Elle est originaire de Russie, de Sibérie, et du Nord-Ouest de l'Amérique. Ses usages médicinaux sont assez voisins de ceux de l'armoise commune, mais on la cantonne très généralement au seul rang des aromates.
Frais ou infusé au vinaigre, l'estragon assaisonne merveilleusement les salades vertes et particulièrement la romaine. Finement haché, on le mêle à la mayonnaise destinée aux poissons, aux viandes blanches froides, aux crustacés, on en parfume l'omelette. Il est même possible d'en faire une liqueur en faisant macérer quelques rameaux frais dans l'eau-de-vie pendant 4 à 5 semaines, _ ajoutant à l'alcool, passé ce temps, un sirop de sucre préparé comme pour l'angélique.
L'estragon est un condiment conseillé à tous ceux qui ont perdu l'appétit, qui souffrent de faiblesse de l'appa- reil digestif, ainsi qu'aux rhumatisants.

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